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Les mathématiques - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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A quoi servent les maths ? La réponse de Martin Andler

A quoi servent les maths ? La réponse de Martin Andler
Quel est le point commun entre la surveillance des embouteillages, la recherche d’eau potable, les missions interplanétaires… Et un verre de pastis ? Le site Mathématiques pour la planète terre vous l'apprendra. Il fait partie d’une belle série d’initiatives destinées à faire découvrir les maths à tous : un enjeu essentiel pour Martin Andler, professeur à l’UVSQ. Interview.

Informations pratiques :

Date
Publié mercredi 13 février 2013
Tous les jours, sur le site Mathématiques pour la planète Terre, un chercheur raconte comment les maths lui sont indispensables pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ce site est l'une des nombreuses actions suscitées par Cap’Maths, un consortium d’associations qui partagent l’amour des maths et le désir de le transmettre Martin Andleraux collégiens et lycéens de tous milieux, garçons ou filles, des meilleurs élèves aux plus blasés.

Ce consortium a reçu un budget de trois millions d'euros du Grand emprunt pour ses activités de 2011 à 2015. Le président d’Animath, le vaisseau amiral de Cap’Math, est Martin Andler, professeur de mathématiques à l’université de Versailles Saint-Quentin en Yvelines.

Les jeunes français sont-ils si mauvais en mathématiques ?

Quand on a réformé le lycée en 1995, pour transformer les bacs C et D en bac S, certains alarmistes craignaient que les jeunes soient moins bien formés qu’avant. Je me suis rendu compte petit à petit qu’ils avaient raison. Le niveau en mathématiques des jeunes baisse, et on perçoit un véritable ennui chez beaucoup de lycéens. On évalue à une année complète de formation la perte des enseignements de mathématiques entre les années 70 et maintenant. La France s’est classée 38e aux Olympiades internationales de mathématiques cette année, alors que son niveau de recherche de pointe, les médailles Fields décrochées et autres publications prestigieuses en font la deuxième nation mathématique derrière les Etats-Unis.

Pourtant, on a l’impression que les maths dominent l’enseignement au lycée…


C'est vrai, mais bien moins qu'avant. Les meilleurs étudiants ne sont pas assez sollicités. Si on les laisse s’ennuyer trop longtemps, on risque de manquer des vocations. Un très bon élève de type littéraire qui s’ennuie au lycée peut toujours lire Proust, Stendhal et Faulkner, s'abonner au Monde tout seul. Il a un espace d’investissement en dehors des activités strictement scolaires. Pour un jeune passionné par les maths ou la physique, l’encadrement des activités est plus nécessaire : c’est ce que fait Animath.

Un bon élève en France, c’est un élève qui sait réussir des contrôles en temps limité. On est obsédés par un prétendu « jugement objectif des qualités », hérité de notre culture jésuite. On sait depuis Bourdieu que cette logique reproduit les inégalités sociales et qu’elle ne valorise que certaines qualités. La créativité, ça ne se fait pas en deux heures. On constate que certains élèves sont considérés comme médiocres parce que les exercices les barbent.

Comment réveille-t-on l’intérêt des jeunes pour les maths ?

On organise des conférences où ils écoutent un chercheur présenter ses travaux. On les invite à des stages de mathématiques pendant les vacances, à des clubs de mathématiques le mercredi, où ils travaillent à des problèmes plus difficiles ou sur des sujets plus originaux. C’est ce que fait Math en jeans, par exemple, avec 1 500 élèves.
Nous cherchons les meilleures façons d’aller chercher les catégories les plus découragées par les mathématiques : les jeunes de milieu défavorisé, socialement ou géographiquement. Et les filles. Pourquoi les filles représentent-elles 57 % des bacheliers généraux, mais 40 % des bacs S spé math, et 17 % des admis à Polytechnique ? Les raisons sont complexes. Mais des journées comme Filles et maths : une équation lumineuse leur rappellent que oui, les filières mathématiques leur sont ouvertes.



Mais au fond, à quoi ça sert, les mathématiques ?

La science dominante d’une société industrielle, c’est la physique, ainsi que beaucoup de chimie. Les mathématiques sont indispensables pour les manier. Mais dans notre société post-industrielle, l’informatique, l'économie, la gestion sont devenues centrales. Des entreprises comme Amazon, comme Google, ne fonctionnent pas sans des algorithmes très élaborés.

Mais là où les mathématiciens font une erreur, c’est en supposant qu’il faut faire de l’apprentissage des mathématiques un préalable, avant de montrer quels problèmes concrets elles peuvent résoudre. On se retrouve avec des élèves qui ne comprennent plus pourquoi ils apprennent les maths. C’est pour cela que l’initiative Les maths, ça sert emmène des ingénieurs dans les classes pour expliquer l’utilité pratique de ce que les élèves sont en train d’apprendre. On retrouve d'étonnantes applications des mathématiques en médecine (lire l'article sur les équations de Pierre Gabriel et la maladie de la vache folle)... et dans les recherches présentées sur Mathématiques pour la planète Terre. Mais on peut faire des maths aussi, tout simplement, parce qu'elles sont belles et passionnantes !

Informations complémentaires :

Contact :
Clara Tomasini
chargée de communication éditoriale
clara.tomasini@uvsq.fr

Dernière mise à jour de cette page : 9 juillet 2014


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